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Vanessa De Angelis

ou les présences

Bien que née à Lausanne, Vanessa De Angelis est liée de manière profonde et intimiste aux sommets. « Mon premier tableau de montagne, je l’ai fait à dix ans » dit l’artiste.

Habitant en ville, ses parents retapent un chalet aux Diablerets, occasion pour la petite fille éprise de liberté de gambader, observer, ne faire qu’un avec la nature environnante, à la fois amie et rugueuse.

 

« Tous mes week-ends, je les passais au milieu des rochers, de jour comme de nuit, c’est comme si les montagnes m’avaient élevée».

Ces parenthèses d’enfant sauvageonne, dans un chalet sans confort où il fallait faire du feu et réchauffer les pyjamas dans le fourneau, la marquera d’un sceau positif à tout jamais. « La montagne fait partie de mon identité ».

Petite, elle peint et dessine tout le temps, mais ses parents désirent qu’elle ait « un vrai métier ». Vanessa suit l’école normale pour devenir institutrice.

En 2006, elle s’envole avec son mari pour New-York avec leur première fille, la deuxième naîtra en terre américaine.

 

Malgré un séjour de quatre ans pas toujours facile, « à New-York, c’est la vitesse tout le temps et tu as intérêt à avancer au même rythme que les autres », elle y fait des rencontres, notamment avec les « Franciscains du Bronx », des religieux franciscains qui s’occupent des enfants des rues mais aussi des bidonvilles d’Amérique centrale, association avec laquelle elle restera liée.

Revenue des Etats-Unis en 2010, le besoin de se poser, de respirer s’impose, avant de retravailler. Passer de Scarsdale, un quartier de la belle banlieue de Manhattan, à Boussens dans la campagne vaudoise, demande un moment de transition.

 

« J’ai dû réapprendre la lenteur, j’étais déconnectée de la nature et de moi-même. C’est en retournant à la montagne que je me suis à nouveau sentie bien ».

Vanessa De Angelis se remet à peindre, et la passion ne la quitte plus. L’artiste enfin délivrée des contraintes se met tout naturellement à créer des cimes. Mais pas seulement. Très vite les tableaux abstraits éclosent, les personnages suivent, abstraits eux aussi.

 

Le mot « spirituel » revient dans le discours de Vanessa. Elle n’oublie pas l’observation des rochers et réalise quelques tableaux de ses pierres amies recouvertes de mousses diverses.

En 2016, sa première exposition dans la galerie de Saint-Sulpice « Espace 52 » est un succès, la moitié de ses tableaux exposés dans deux salles sont vendus. « C’est un signe ! ». Elle pourra s’adonner dès lors à cette passion et renonce à son métier initial.

Dans son atelier de Boussens, aucune technique ne la rebute. La peintre travaille actuellement sur des supports en aluminium, le blanc sur blanc,  et toutes les approches l’intéressent. Acrylique, pigments, encre de chine, la suie « qui me rappelle les feux de bois de mon enfance » ou même de la tempera, du goudron ou du plâtre, sans oublier la poudre d’or.

Ses clients sont très variés, ils vont du particulier au collectionneur, « un couple a choisi de décorer sa maison qu’avec mes peintures »,  certains tableaux sont dans des cabinets de psychothérapeutes ou chez des médecins, « je crois que mes personnages abstraits permettent à chacun d’y projeter ce qu’ils désirent ».  

Vanessa peint le soir, quand la maisonnée s’endort. Une façon d’être plus en relation avec ces fameuses « présences » qui l’accompagnent et veillent sur ce qui l’entoure.

 

Véronique Emmenegger, écrivain